Chariots de cour et bouquets
Magnifique uchikake japonais de mariage en soie mélangée, entièrement tissé et brodé de riches motifs traditionnels sur un fond or aux reflets lumineux, destiné à être porté par-dessus un kimono lors des cérémonies de mariage.
Le tissage doré du fond est associé à des motifs de bon augure : asanoha (feuilles de chanvre), symbole de croissance et de vigueur, et sayagata, motif géométrique traditionnel dérivé du manji et associé au répertoire bouddhique. Malgré l’abondance du décor, l’étoffe reste très souple et maniable.
Au Japon, l’habillage traditionnel de la mariée est généralement confié à des professionnels spécialisés. Plusieurs couches sont successivement mises en place — sous-vêtements, juban, différentes ceintures, furisode ou kakeshita, puis uchikake— auxquelles s’ajoutent la coiffure, le maquillage et les différents accessoires de cérémonie.
Le décor est particulièrement riche et harmonieux. De majestueux bouquets composés de chrysanthèmes, pivoines, fleurs de prunier, iris, campanules, pins et autres fleurs saisonnières s’épanouissent autour de chariots de cour richement décorés et rehaussés de fils dorés, évoquant l’univers aristocratique de l’époque de Heian. Camélias, glycines retombantes et feuillages de hagi (lespédèze) viennent compléter cette composition foisonnante, évocatrice de la beauté des quatre saisons.
Les nombreux détails en fils dorés et argentés captent la lumière et donnent au décor un remarquable effet de profondeur. L’intérieur est doublé d’un tissu rouge éclatant dont la composition n’est pas identifiée. Cette couleur, traditionnellement associée au bon augure et aux célébrations au Japon, crée un contraste puissant avec les riches broderies extérieures.
L’ourlet généreusement rembourré, caractéristique de l’uchikake, apporte poids et structure au vêtement et contribue à son beau tombé. Par la richesse de sa composition et l’ampleur de son décor, cette pièce peut également être présentée comme décoration murale.
Excellent état général, peu porté. Les couleurs restent éclatantes, les broderies sont parfaitement conservées et la doublure est propre. À noter : une légère trace sur l’envers du col, sans incidence une fois porté, ainsi que quelques très légères traces de frottement sur certains fils dorés, pratiquement invisibles.