Trésors et divinités
Kimono noir de cérémonie tomesode en soie au tissage fin, entièrement doublé et rehaussé de cinq kamon (blasons). Ces kimonos étaient traditionnellement portés par les femmes mariées lors de cérémonies et d’occasions particulièrement formelles. Le fond noir caractéristique met en valeur les motifs polychromes et symboliques concentrés dans la partie inférieure, créant un contraste saisissant.
La disposition du décor diffère légèrement de celle des tomesode contemporains : les motifs principaux occupent le devant du kimono dans une profusion de couleurs et remontent assez haut sur les pans, tandis que la partie inférieure du dos reste plus sobre. Les couleurs ont conservé tout leur éclat et leur fraîcheur au fil du temps.
Les motifs polychromes, concentrés sur la partie inférieure ainsi que sur l’envers des deux pans de devant — ce qui permet de les apercevoir lors de la marche — sont d’une grande richesse.
Plusieurs petits bateaux richement ornés de motifs classiques transportent différents objets de bon augure : joyau, marteau, sac, mino, chapeau, épée, roue et balles de riz. Cette iconographie évoque le takarabune (宝船), ou Bateau aux trésors, étroitement associé aux Sept Divinités du Bonheur (Shichifukujin) et aux célébrations du Nouvel An. Symbole de bonne fortune et de prospérité, il est ici accompagné de motifs également auspicieux.
Dans le folklore japonais, le takarabune est le navire mythique à bord duquel les Sept Divinités du Bonheur apportent leurs trésors au début de la nouvelle année. Le décor est complété par des grues ainsi que par le pin, le bambou et les fleurs de prunier, formant le shōchikubai, trio traditionnel de bon augure.
L’étoffe est douce, très souple et fluide. Doublure en soie sauvage. Le bord de l’ourlet est finement rembourré afin d’assurer un beau tombé.
Présence d’une auréole ton sur ton sur le devant de la manche gauche, complètement invisible une fois le kimono porté et qui ne s’est révélée que sur les photographies.
Très belle qualité de soie ancienne et de l'ensemble.Début 20e s.